dimanche 22 octobre 2017

Les petites victoires ( Yvon Roi)



Les petites victoires

  •  Les petites victoires ( Yvon Roi)
  • Album: 160 pages
  • Editeur : Rue de Sèvres (6 mai 2017)
  • Collection : BD ADO-ADULTES
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2369814691
  • ISBN-13: 978-2369814696



 ATTENTION : COUP DE COEUR !!!!

Mon résumé :
Au début il y a Marc et Chloé ,un jeune couple comme tant d'autre …et ce qui doit arriver arrive …en la personne d’ Olivier.
Olivier, c’est le petit garçon parfait qui peut rester calme des heures :il suffit de le mettre devant Rififi le lapin. Mais, à force, cette « perfection » inquiète les deux jeunes parents. Il faut dire qu’à 18 mois Olivier ne parle toujours pas…Alors ils vont consulter et le diagnostique tombe. Olivier est autiste.
Un diagnostic, qui heurte ses parents de plein fouet. Un diagnostique qui s’accompagne d’une liste de spécialistes ( orthophoniste, ergothérapeute… ) à consulter, d’aménagements à faire. Une vraie plongée en enfer pour Chloé et Marc.
Mais un jour  Marc décide qu’il va se battre. Qu’il ne peut laisser son petit garçon seul dans sa forteresse de silence. Qu’importe le coût, qu’importe les avis des spécialistes. Il se doit de lutter pour son enfant ! Le début d'un long chemin….


Mon avis
J'ai reçu cet ouvrage sa sortie en mai et je l'ai dévoré tout de suite. Pourtant je n’écris ma critique que maintenant. Pourquoi  vous demandez-vous peut-être….
Parce que la première lecture m'avait mis mal à l’aise. J’étais partagée/tiraillée entre les connaissances sur l'autisme que j’étais en train d’acquérir pour mon travail et le récit de ce père. Entre les prescriptions des scientifiques, des chercheurs et des pédagogues ( j’en passe et des meilleurs)  et ce récit ( et ceux de d’autres parents d’autistes) de la vraie vie .
 Il m'a fallut une deuxième lecture, ce weekend, pour mieux lire entre les lignes et faire la part des choses. Oui les livres sur l'autisme soulignent l’importance d'une vie ritualisée mais comment ne pas être frappée par les mots de ce père : « je ne veux pas qu’il apprenne à vivre avec son handicap je veux qu’il apprenne à le surmonter. »
Avec ces quelques mots, mon regard sur le combat de ce père a changé. J’avais pris ( à tort) l’histoire de ce père pour une critique des « méthodes » pour aider les personnes avec troubles du spectre autistique. Il n’en est rien. Il le dit en introduction «  il veut donner de l’espoir ».
 En réalisant cet ouvrage il veut juste témoigner de son histoire particulière avec ce fils particulier. Il veut juste dire aux parents  qu’il n’y a pas de méthodes miracles, que ce sont les besoins particuliers de l’enfant qui doivent guider les actions. Pourquoi pas utiliser telle ou telle méthode mais il faut avant tout faire en fonction de l’enfant, de la personne autiste. Il faut l’écouter et s’ADAPTER. S’adapter à ses besoins, ses demandes ou non demandes, son caractère à lui et ses croyances à soi. Car faire quelque chose auquel on ne croit pas ne peut pas fonctionner.  Pourquoi ne pas , au contraire, prendre dans chaque méthode ce qui convient à l’enfant, et surtout évoluer et faire évoluer  les actions en même temps que l’enfant progresse….  

Il y a une chose par contre qui n’a pas changé entre mes deux lectures, c’est mon point de vue sur les personnages.
J’ai adoré  Marc, le père. Comment ne pas être touché par son amour pour son fils. Un amour malmené lors de la «  première rencontre » avec son fils. Un amour malmené par un diagnostique brutal, par la différence entre l’enfant dont il avait rêvé, avec qui il avait fait des projets et qui se révèle si différent. Mais un amour incommensurable,
Pourtant il le dit lui-même : rien n'est facile. Mais il dit aussi qu’il a envie de lutter pour faire en sorte que son fils soit un adulte heureux. Oui Olivier n’est pas l'enfant dont il avait rêvé mais est-ce une raison pour ne pas l'aimer ou le rejeter ?
Ceux qui me connaissent savent  qu’Olivier  aussi m’a touché, et encore plus à cette deuxième lecture. Car depuis le mois de mai j’ai fait des rencontres. J’ai crée des liens avec des enfants aussi particuliers qu’Olivier.

 Comment pourrais-je ne pas penser à  N. , à M, à O et à M et à quelques autres ayant des troubles du spectre autistique  en lisant ce livre.  L’histoire d’Olivier n’a  pu que résonner d’une façon encore plus particulière pour lors de cette deuxième lecture.
Je terminerai en remerciant Doriane Sibilet et  les éditions l'école des loisirs & Rue de Sèvre pour cet envoi et aussi LISEZ et FAITES LIRE ce livre à tous, ados, parents,  collègues pour ouvrir les regards et les esprits !  
Je remercie aussi, même s’ils ne le sauront jamais, N. de m’avoir ( involontairement) fait rentrer dans ce monde si particulier des TSA  et  M., O. et M d’être comme ils sont et de m’apporter autant chaque fois que je travaille avec eux.

mardi 17 octobre 2017

Le chat Mouraï ( Stéphanie Dunand-Pallaz ; Sophie Turrel)



¨La Chat Mouraï
 

  •  Le chat Mouraï ( Stéphanie Dunand-Pallaz ; Sophie Turrel)
  • Album: 40 pages
  • Tranche d'âges: 3 années et plus
  • Editeur : Balivernes (14 septembre 2017)
  • Collection : Les petits chats
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 235067150X
  • ISBN-13: 978-2350671505

Mon résumé :
C’est au Japon que se déroulent les aventures du Chat-Mouraï. Ce dernier est un chaton, à priori imbattable.
Mais la quête du katana, le sabre doré que son grand-père doit lui léguer va l’emmener à remettre en question cette toute-puissance….

Mon avis :
Tout d’abord je remercie les éditions Balivernes qui m’ont envoyé cet album. Et un merci encore plus grand à mesdames  Sophie Turrel et Stéphanie Dunand-Pallaz, ( l’auteur et  l’illustratrice) pour leurs dédicaces spéciales et personnalisées. Je suis très touchée de leur attention !
C’est avec plaisir que je retrouve les aventures des petits chats dont j’ai déjà souvent parlé dans ce blog.
Je suis toujours aussi fan des illustrations ( ce chat Mouraï est vraiment très mignon) et des textes qui allient  un langage soutenu ( mais pas trop pour rester accessible) et poétique. E
Encore une fois j’aime beaucoup le message en filigrane de ce livre :«  le chat Mouraï avait appris à grandir de ses défaites , à se faire des amis,, à regarder, à voyager et comprendre enfin que ce qui compte n’est pas le but mais le chemin ». Je trouve le message beau, important à faire saisir aux plus jeunes. Ce message est encore une fois ici délivré avec tact, sur un ton pas du tout moralisateur, mais au contraire en ayant été «  éprouvé » par le chat, héros du livre.
A une époque où on essaye, à l’école, de faire « philosopher » les élèves via des ateliers de discussions, je pense que ce livre ( et les autres de la collection pourraient très bien servir de base de réflexion.
Merci encore une fois pour ce bel album. Je regrette d’avoir des élèves un peu trop grands pour les albums de jeunesse depuis la rentrée mais je suis certaine que je trouverai rapidement des enfants avec qui le partager !

dimanche 3 septembre 2017

La lumière de la nuit (Keigo Hisgashino)



La lumière de la nuit

  •  La lumière de la nuit (Keigo Hisgashino)
  • Poche: 742 pages
  • Editeur : Babel (4 janvier 2017)
  • Collection : Babel noir
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2330072635
  • ISBN-13: 978-2330072636




Mon résumé :
Alors qu’il jouait avec ses copains dans un immeuble en construction d’Osaka, un jeune garçon  y découvre le corps d’un homme.
Après une première investigation, les policiers découvrent que la victime, Kirihara Yosuké, préteur sur gages de profession, avait retiré une grosse somme d’argent. Mais de cet argent aucune trace…
Si sa femme et son fils, Ryoji, âgé de 10 ans, sont un temps suspectés et interrogés, ils sont rapidement innocentés, ayant tous deux un alibi.
Une cliente de la victime est également interrogée. Fumiyo Nishimoto, qui vit seule avec sa fille Yukiho (âgée également de 10 ans) est la dernière à avoir vu le préteur sur gage vivant. Mais là encore, aucune charge ne peut être retenue contre elle.
L’enquête de Sasagaki s’enlise, le laissant dans l’expectative. Malgré son classement par la police, le policier ne peut s’empêcher, au fil des années de s’intéresser de près au devenir des principaux protagonistes. Il assiste à l’éclosion du succès de Yukiho dans le secteur de la mode, et à la vie en marge de Ryoji. Il remarque également que des évènements étranges, parfois fatals arrivent aux gens qu’ils connaissent.

Mon avis :
Voici un roman atypique et surtout très difficile à résumer !
La difficulté vient d’abord des personnages. Ils sont nombreux ! A chaque nouvelle partie du livre de nouveaux personnages prennent la parole, et il m’a parfois été compliqué de me souvenir de qui était qui… d’autant plus qu’ils ont des noms qui se ressemblent souvent fortement !!
Le cadre temporel de l’histoire rend également difficile un résumé. L’histoire se déroule sur plus de 20ans… pas facile donc de décider ce que l’on va écrire ou non, pour ne pas en révéler trop et en même temps en dire assez pour   susciter la curiosité et donner envie !!
Paradoxalement c’est l’étendue de cette histoire qui en fait aussi son intérêt. En arrière-plan de l’histoire, on assiste à l’évolution de la société japonaise, dans ses habitudes, dans les relations de ses membres. On découvre aussi la naissance et l’essor de l’informatique au Japon, des ordinateurs énormes avec disquettes, des premiers jeux vidéo, aux nouvelles technologies contemporaines que nous connaissons mieux ! Et on comprend également mieux le rôle qu’ont joué les pirates informatiques dans cet essor.

Ce qui ressort de ce livre, qui en fait également sa puissance, c’est l’atmosphère un peu trouble, quasi fantastique qui règne. Des évènements un peu étranges ont lieu dans l’entourage plus ou moins proche des protagonistes … mais quant à dire qui est coupable (si coupable il y a …) …
Certes le livre est long (un pavé 😉) mais c’est cette longueur, qui rend toute l’histoire crédible, et … effrayante ! C’est pour ça qu’il est difficile pour le lecteur d’avoir une vision trop clivée des personnages. En les voyant évoluer, en assistant à leur quotidien, il devient difficile de dire qui est gentil et qui est méchant…. 

Par contre ne vous attendez pas à une histoire rythmée, à des retournements de situations violents, à de la violence. Car là où excelle l’auteur c’est dans l’art de construire une histoire petit à petit, pièce après pièce…. et la lenteur de cette élaboration participe au suspens..
 



Vous l’avez compris j’ai été envoûtée par ce livre !!! 
Voila qui valide ma participation au challenge " le pavé de l'été