dimanche 8 janvier 2017

La balade électrique d’Emily Archer (Jof Brigandet)



Projet couv 3


  •  La balade électrique d’Emily Archer (Jof Brigandet)
  • Broché: 300 pages
  • Editeur : Editions du Caïman (8 décembre 2016)
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2919066439
  • ISBN-13: 978-2919066438





Mon résumé :
Croiser la route de Sam Scott est rarement sans conséquence … surtout si vous lui déplaisez, ou commettez un acte qui va à l’encontre de ses principes (rigides et nombreux). Sous son air tranquille et « carré », se cache un tueur de la pire espèce. Un de ces tueurs en série que le FBI ignore parfois jusqu’à l’existence. Pourquoi ? parce qu’il n’agit pas selon un « modus operandi ». Au contraire, Sam Scott prend un malin plaisir à être chaque fois plus original dans ses meurtres que ce soit du point de vue de la victime choisie, ou du point de vue de la mise à mort. Aucune logique ne peut relier toutes ses victimes. Aucune logique mais pas aucune raison.
Dans le cas Emily Archer, les raisons de devenir LA prochaine victime sont nombreuses. D’abord elle a commis « l’erreur » de venir s’installer avec son père dans l’appartement mitoyen de celui de Sam. Appartement qu’il était sur le point d’acquérir après l’avoir longtemps convoité. Ensuite elle a le tort de vomir « par inadvertance » sur le tueur lors de leur première rencontre. Et dernière (et non des moindres) raison, elle est handicapée moteur. Une erreur de la nature selon les critères du son nouveau voisin !
Pour Sam, c’est décidé, il va la torturer un peu avant de l’exécuter.

Mon avis :
Un tueur en série, une victime handicapée… on s’attend, en lisant la quatrième de couverture, à un polar assez classique. C’est sans compter le talent de l’auteur et la personnalité « atypique » de son héros…
Le talent de l’auteur c’est une écriture parfois théâtrale de par la mise en page des dialogues. C’est l’apparition régulière d’une petite voix (la conscience du tueur ? un dédoublement de la personnalité de Sam ?)
Les héros, car en fait Sam n’est pas le seul, se révèlent surprenant (non ! non ! je n’en dirai pas plus). Les retournements de situation sont nombreux dans un si petit nombre de pages…. Et la fin est … inattendue et montre qu’il ne faut jamais se fier aux apparences !!!
Bref si vous chercher un polar atypique, et surprenant, je ne peux que vous conseiller celui-ci.
Et je ne peux que remercier les éditions du Caïman pour cette découverte !

vendredi 30 décembre 2016

Police( Hugo Boris)



Police

  •  Police( Hugo Boris)
  • Broché: 198 pages
  • Editeur : Grasset (24 août 2016)
  • Collection : Littérature Française
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2246861446
  • ISBN-13: 978-2246861447




Mon résumé :
Ce soir-là, ils sont trois dans la voiture.
Virginie est la seule femme du trio. Elle a plus ou moins choisi de participer à cette mission. Parce qu’elle ne veut pas rentrer chez elle, pas tout de suite. Parce que, même si elle les aime, elle appréhende de retrouver son mari et son fils de 15 mois. Parce que, au fond d’elle, elle doute d’une décision qu’elle vient de prendre et de ses répercussions. Ce qu’elle n’avait pas prévu, c’est la présence d’Aristide dans cette voiture. Aristide le flic gouailleur au grand cœur. Celui qui enchaîne les allusions salaces mais sur qui on peut compter pour désamorcer des situations les plus périlleuses en mission. Celui avec qui elle a « fauté ».
Le troisième larron c’est Erik. Erik le sage qui n’a pas son pareil pour rattraper les suspects qui s’enfuient en courant. Mais Erik qui s’interroge sur sa place dans la police, sur son avenir.
Trois policiers à un tournant de leur vie, chargé d’une mission inhabituelle ( car d’habitude prise en charge par la COTEP) : raccompagner à l’aéroport un étranger dont la demande de régularisation a été refusée.

Mon avis :
En apparence il s’agit seulement d’aller chercher et d’accompagner un étranger, qui plus est plutôt « calme » à l’aéroport. Mais voilà, nos trois policiers sont à fleurs de peau, à des tournants de leurs vies. Comment dès lors accepter la violence de cet acte ? Comment signifier, à un être humain que l’on ne veut pas de lui ? Que l’on ne veut pas lui faire une place ? Comment lui « dire » que tous les dangers qu’il a encourus pour venir jusqu’ici, ont été inutiles et qu’il doit y retourner dans son enfer ?
Que ce soit Erik, Virginie ou Aristide, chacun s’est engagé dans la police pour défendre une certaine idée de la justice, « punir les méchants, protéger les gentils » … mais là, punissent-ils un méchant ou un innocent ? C’est leur idéal de la justice, leur vision du monde qui est mise en question. Comment réagir, quand en parallèle on s’interroge sur son avenir ? Comment accepter d’agir en simple « applicateur » de la loi ?
Ce sont trois policiers en ébullition qu’Hugo Boris place dans une situation elle-même bouillante…. Et c’est avec une écriture simple mais forte qu’il nous décrit les réactions, les pensées de chacun.
Il nous dépeint avec justesse, respect ces trois personnages, leurs familles et leurs forces, leur ras-le-bol de leurs vies personnelles ou de la vie en générale, de la société.
J’ai du mal à parler de ce livre qui m’a pris aux tripes et donner à réfléchir.

« Elle a vu surnager tout cela parmi les mille tâches ingrates qui forment son ordinaire, elle est allée perdre sa tranquillité d’âme dans les mauvais lieux, obligée de vivre au-dessus de l’étonnement, de tout connaître du pire de l’existence, pour un salaire à peine décent, et elle se demande toujours comment elle n’a pas les yeux sales, stupéfaites qu’ils n’aient pas conservé, dans leur profondeur, le pâle reflet de la misère. »

« On est plus efficace quand on n’a pas trop d’empathie, la distance est plus juste. Les sentiments embarrassent, parasitent le geste. »

« […] faire du bruit surtout, jointoyer les silences avec des mots fourre-tout, des mots béquilles, combler les interstices pour créer un fond sonore où rien ne se dit. »

« Il s’était laissé mécaniser, abîmer par le métier, ne donnait plus aux gens que de la technique. »

Dieu 2.0, Bye Bye internet ( Henri Duboc)



 dieu 2 0 bye bye internet henri duboc



  • Dieu 2.0, bye bye internet ( Henri Duboc) 
  • Editions Lajouanie
  • Parution : 23 septembre 2016
  • Prix : 19 euros
  • Format : 13 cm x 19 cm.
  • 400 pages
  • ISBN: 978-2-37047-0744



Mon résumé :
Quand il est confronté à un cataclysme, l’être humain cherche un responsable. Et cela, même si aucun ne peut être désigné. Qui accuser dans le cas d’une catastrophe climatique ou géologique par exemple ?
Août 2058, alors que Gabriel subit une banale opération chirurgicale, alors que Yosa et son amie sont en randonnée dans le Yosemite National Park… la terre tremble.
C’est « The Big One ». Le tremblement de terre anticipé depuis si longtemps par les scientifiques sans que personne n’ait jamais pu en dater précisément la survenue. Anticipé, certes, mais si les prévisions annonçaient la destruction de Los Angeles, la réalité est plus grave. Une partie du monde est rayée de la carte.
Des morts, des blessés et des réfugiés climatiques par milliers. Et malgré des technologies très avancées, l’incapacité du reste du monde à faire face. Comment et où accueillir les réfugiés ? Comment pourvoir à leurs besoins vitaux ?
Malgré les tentatives d’alliance des grandes nations encore existantes, la violence et les épidémies se propagent. Des conflits éclatent aux frontières des pays encore existants. Malheurs et désolations, un terrain favorable pour le développement des croyances les plus farfelues. Et puisqu’il faut trouver un responsable, certains commencent à accuser la science et les nouvelles technologies…

Mon avis :
Le classification « roman d’anticipation mais pas que » est diablement bien choisie pour cet OLNI.
La construction de ce roman est une fois de plus assez atypique : des va-et-vient entre le « passé » (celui du récit) et le futur. Deux histoires qui se déroulent en parallèle, mais à 200 ans d’écart. Et pourtant, au final c’est comme si elles se faisaient écho ; l’une anticipant les conséquences des décisions prises dans la première. Cela vous semble un peu étrange ? Ne vous inquiétez pas car au final c’est assez facile à suivre.

L’auteur décrit très bien la façon dont l’humanité peut passer d’un extrême à l’autre, d’un monde tourné vers le tout technologique, où l’informatique est roi et même dieu (un Dieu 2.0 ??) à un monde où cet informatique est décrié et banni.
Tout cela à cause d’un tremblement de terre, d’un évènement qui fait prendre conscience à l’humain qu’il ne maîtrise pas tout, qu’il est petit.
Au fil des pages, c’est aussi une manœuvre de manipulation des foules que l’on voit se mettre en place. On voit comment l’homme est influençable, à quel point vulnérabilité et manipulation vont de pair. C’est à travers la vie quotidienne de Gabriel et de Yosa que l’auteur décrit le mieux les stratagèmes mis en place, pour « manipuler » les foules à travers les technologies. Il décrit avec une précision et un réalisme inquiétant la façon dont on peut « créer » une nouvelle religion, de nouvelles croyances et les répandre.
Le sentiment de réalisme qui ressort de ce livre le rend assez « inquiétant » je trouve . Mais il pousse à s’interroger sur notre utilisation des nouvelles technologies, notre dépendance toujours plus grande à internet et aux réseaux de communication. L’informatique doit il gérer les relations humaines ? Comment en avoir une utilisation raisonnée et raisonnable ? Il amène à s’interroger sur le monde que l’on veut pour le futur. Il remet au goût du jour les questions sur nos réactions possibles si jamais « the big one »( ou un évènement comparable) avait lieu demain. Comme le dit la chanson de Jean-Jacques Goldman aurions-nous « l'âme d'un brave ou d'un complice ou d'un bourreau? »  Et surtout serions-nous « de ceux qui résistent ou bien les moutons d'un troupeau » ?


J’ai trouvé la lecture de ce deuxième opus plus « facile », peut-être parce qu’il y est un peu moins question de l’informatique pur et dur, des sciences et plus de réflexion sur la place de ces 2 « thèmes » dans notre vie quotidienne. J’ai eu plaisir à retrouver Gabriel, un homme étrange qui refuse … de ne pas vieillir dans un monde où la vieillesse est considérée comme une maladie, ainsi que W3 que j’ai senti plus « humain ».
J’espère que l’auteur m’excusera d’avoir tarder à lire ce livre qu’il m’a gentiment dédicacé !!! Vivement le tome 3 !!!
Deux citations pour finir cet article qui, je l’espère, vous aura donné envie de lire cet OLNI
 « Il faut les comprendre  aussi, ils se font du soucis… Nous, les anciens, on peut se permettre de penser au passé. Nous en avons un. Eux n’ont qu’un avenir incertain…ceux sont eux qui vont tout reconstruire, mais ils ne savent même pas … ce qu’il faudrait bâtir ! Et on ne leur a pas laissé de bien belles briques. Ils ont peur…Alors on peut en faire ce qu’on en veut, vous savez. »

Et celle-ci ,de W3 :« la croyance est quelque chose de terriblement beau, et humain. Parce que c’est mettre de l’espoir là où il n’y en a plus aucun. »